Le Parlement européen vote la première loi mondiale sur l'intelligence artificielle
Les eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg ont adopté à une large majorité l'AI Act, première réglementation mondiale encadrant le développement et l'usage de l'intelligence artificielle. Ce texte ambitieux, négocié pendant trois ans, établit un cadre juridique pour garantir que les systèmes d'IA respectent les droits fondamentaux et les valeurs européennes.
La législation adopte une approche graduée selon le niveau de risque. Les applications d'IA jugées inacceptables, comme la notation sociale des citoyens à la chinoise ou la reconnaissance faciale en temps réel dans l'espace public, sont purement et simplement interdites. Les systèmes à haut risque (sélection de CV, décisions de crédit, diagnostics médicaux) devront répondre à des exigences strictes de transparence et de supervision humaine.
Les entreprises développant des IA génératives comme ChatGPT devront respecter des obligations de transparence : divulguer les contenus utilisés pour l'entraînement, mettre en place des garde-fous contre les contenus illégaux, et identifier clairement les contenus générés par IA. Les sanctions en cas de non-respect peuvent atteindre 7% du chiffre d'affaires mondial pour les infractions les plus graves.
Cette avancée législatique positionne l'Europe comme pionnière de la régulation technologique face aux géants américains et chinois. Les industriels européens craignent toutefois un désavantage concurrentiel si les contraintes réglementaires freinent l'innovation. Le règlement entrera progressivement en vigueur d'ici 2028, laissant aux acteurs le temps de se mettre en conformité. Strasbourg confirme ainsi son statut de capitale de l'Europe politique et numérique.